Vous aviez à choisir…

par | Publié le 08.02.2026, mis à jour le 08.02.2026 | Guerre

«

Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre.

»

De nombreux ouvrages et sites Internet attribuent cette phrase à Winston Churchil. Un recueil de citations en ligne1 précise que la formule s’adresse à Neville Chamberlain et date de mai 1940, donc lors de la fin du mandat de Premier ministre de ce dernier. Un autre sur papier donne une version plus complète et la date de 1938 :

Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre, ce moment restera à jamais gravé dans vos cœurs.

Winston Churchil, cité dans Éric Keslassy, Citations politiques expliquées, p. 37.

L’Histoire de France Larousse (p. 513) ne donne ni date ni contexte précis. Plusieurs biographies de Churchill situent notre citation juste après les accords de Munich, en 1938 ; par exemple :

« Vous avez eu le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre », lance Churchill, à la Chambre des communes, à Neville Chamberlain, Premier ministre en exercice qui vient de signer les accords de Munich.

Sophie Doudet, Churchill, p. 101.

Dans cet ouvrage, une note (p. 254, n. 9) vient même nous indiquer la source : le Hansard2 de 1940, vol. CCCLX, col. 1502. Un contexte avec cette précision est presque trop beau. Une première chose nous intrigue : la date de 1940 alors que le discours de Churchill a été prononcé en 1938. Si l’on consulte ladite référence, on se rend vite compte qu’elle correspond à une autre fameuse citation du « vieux lion » : « I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat » (« Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur »)3.

Difficile d’y voir clair. Il convient donc d’étudier les documents en anglais. Une biographie assure que les propos ont été tenus en privé. Une autre, qui fait autorité, les cite à la forme indirecte, comme des paroles qui auraient pu être tenues lors de réunions :

Churchill says the Government had to choose between war and shame. They chose shame. They will get war, too.

 

Churchill dit que le gouvernement a dû choisir entre la guerre et le déshonneur. Il a choisi le déshonneur. Il aura aussi la guerre4.

William Manchester, The Last Lion, éd. Delta, vol. II (« Alone : 1932-1940 »), p. 364 ; notre trad.

Son auteur, William Manchester, rapporte des propos assez similaires dans une lettre que Churchill a écrite à Walter Guinness, plus connu sous le nom de lord Moyne, le 11 septembre 1938 pour décliner une invitation, expliquant à ce dernier :

Alas, a cloud of uncertainty overhangs all plans at the present time … We seem to be very near the bleak choice between War and Shame. My feeling is that we shall choose Shame, and then have War thrown in a little later on even more adverse terms than at present.

 

Hélas, un nuage d’incertitude plane actuellement sur tous les projets […]. Nous semblons être très proches du choix difficile entre la guerre et le déshonneur. Mon sentiment est que nous choisirons le déshonneur, puis que la guerre nous sera imposée un peu plus tard dans des conditions encore plus défavorables qu’aujourd’hui.

Winston Churchill, cité dans William Manchester, ibid., p. 334 ; notre trad.

Cette version est incontestable puisqu’elle vient des Churchill’s Papers54. On trouve d’ailleurs dans ces mêmes Papers au sein d’une lettre adressée cette fois à David Lloyd George et datée du 13 août6 :

I think we shall have to choose in the next few weeks between war and shame, and I have very little doubt what the decision will be.

 

Je pense que nous devrons choisir dans les prochaines semaines entre la guerre et le déshonneur, et je n’ai guère de doute quant à la décision qui sera prise.

Winston Chuchill, Lettre du 13 août 1938 à Lloyd George, Correspondence (01 August 1938 ‑ 30 September 1938) [CHAR 2/331], no 112 ; notre trad.

On voit qu’en un mois Churchill a précisé sa pensée et rendu sa formule très proche de celle qui nous intéresse. Pour autant, cette dernière a-t-elle vraiment été prononcée par l’homme d’État ? Il n’y a aucune trace, dans la presse anglo-saxonne de 1938, de notre citation ni même de celles qui lui sont apparentées7 — ce qui peut sembler normal étant donné que ces dernières émanent d’une correspondance privée. Cependant, dès le 20 septembre, soit une dizaine de jours avant la conférence de Munich, de nombreux journaux français, les premiers étant L’Humanité et Le Populaire, rapportent cette déclaration de la veille :

Londres, 19 septembre. — M. Winston Churchill a déclaré à des journalistes : « Les gouvernements britanniques [sic] et français avaient à choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre. »

« Une sévère mais juste appréciation de Winston Churchill », L’Humanité, 20 septembre 1938, p. 3.

Le 21 septembre, Paul Nizan titre même son article pour le quotidien Ce soir : « “Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre…” ». À la différence de notre citation d’origine, celle-ci vise à la fois Chamberlain et Édouard Daladier. Comment la presse hexagonale a-t-elle eu vent de cette déclaration puisque, nous le répétons, elle n’a pas été relayée par la presse britannique et qu’elle était à l’origine privée ? Quoi qu’il en soit, le 7 octobre 1938, l’hebdomadaire satirique Cyrano publie un article au titre éloquent, « Le faux Churchill » :

Cyrano ne peut malheureusement pas entrer dans le détail des fausses nouvelles. Il y devrait consacrer un numéro entier.

Mais voici un exemple typique : il s’agit de la fameuse déclaration attribuée à M. Winston Churchill après les entretiens de Berchtesgaden et les accords de Londres.

L’Humanité du 20 septembre, page 3, écrit :

« M. Winston Churchill a déclaré à des journalistes : “Les gouvernements britannique et français avaient à choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre.” »

Une énorme publicité fut donnée, par les agences, la presse et la radio à cette phrase et une formidable campagne fut déclenchée contre les gouvernements Daladier et Chamberlain.

Or, interrogé aussitôt, M. Winston Churchill, dans une lettre personnelle adressée à un ancien député français, collaborateur de l’agence Inter-France, a démenti formellement ces propos :

I have never authorised the publication of any such statement as that wich you say has been attributed to me in certain papers.

(Je n’ai jamais autorisé la publication d’une déclaration quelconque, semblable à celle qui, me dites-vous, m’a été attribuée par certains journaux.)

Qui a fabriqué le faux Churchill ?

« Le faux Churchill », Cyrano, 7 octobre 1938, p. 18.

Les entretiens de Berchtesgaden font référence à la rencontre du 15 septembre 1938 entre Chamberlain et Adolf Hitler en Allemagne afin de régler la crise des Sudètes, du nom de la région de Tchécoslovaquie à forte population germanophone, dont Hitler exigeait l’annexion. Ils sont suivis de la conférence de Londres des 25 et 26 septembre8, à laquelle participe Daladier, puis des accords de Munich, les 29 et 30 septembre, lors de laquelle la France et la Grande-Bretagne laissent Hitler annexer les Sudètes par crainte d’un conflit.

La réaction de Churchill est intéressante, car il conteste moins la paternité des déclarations qu’on lui attribue qu’il ne déplore leur publication. Le plus vraisemblable est que ses mots privés ont dû être divulgués et légèrement déformés en même temps de façon à les rendre plus percutants.

En conclusion, peut-on dire que notre citation d’origine est bien de Churchill ? Rien ne permet de l’affirmer, si ce n’est que ce dernier a bien tenu des propos voisins mais moins percutants. Il serait tentant d’en faire néanmoins l’auteur sur le fond et non la forme. Voire ? On relève dès 1933 dans un journal français une formule identique à celle que la « vieux lion » a émise cinq années plus tard :

Il y a deux manières de saboter les événements qui pourraient nous être favorables. L’une paraît plaire plus particulièrement à M. Boncour. L’autre est perfidement conseillée à M. Daladier. La première consiste à poursuivre les travaux de Genève, comme si l’Allemagne était un agneau : elle est ridicule et deviendra funeste. L’autre consiste à entamer des négociations directes et particulières avec l’Allemagne, qui nous donnera à choisir entre le déshonneur et la guerre et qui fera son possible pour nous procurer les deux successivement : elle est périlleuse.

« L’opinion française et la situation nouvelle », Journal des débats politiques et littéraires, 18 octobre 1933, p. 1.

Joseph Paul-Boncour, alors ministre des Affaires étrangères, voyait d’un bon œil un rapprochement avec l’Italie, à l’origine du pacte d’entente et de collaboration (dit « pacte à quatre ») entre l’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne nazie, notamment en vue de contenir cette dernière. Quant à Daladier, il a été nommé président du Conseil le 31 janvier 1933, soit le lendemain du jour où Hitler devenait chancelier du Reich. Il a lui aussi encouragé la constitution du « pacte à quatre », qui est cependant demeuré sans effet. Acteur des accords de Munich en 1938, il est revenu en France avec la conviction que ces accords n’étaient qu’un répit et que les ambitions de Hitler ne s’arrêteraient pas à la Tchécoslovaquie. Étonné d’être accueilli par une foule en liesse à sa sortie de l’avion, il aurait ainsi déclaré : « Ah les cons ! S’ils savaient. » Mais cela est une autre histoire…

Notes

1. Winston Churchill, « “Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre” », « Citations », Le Figaroscope [en ligne].

2. Le Hansard désigne le compte-rendu officiel des débats parlementaires dans plusieurs pays du Commonwealth.

3. L’autrice a également commis un Churchill à la plage : le vieux lion dans un transat (sic !). On peut se demander si ce n’est pas elle qui était à la plage quand elle a rédigé sa biographie.

4. En attribuant à Manchester l’erreur d’avoir prêté ladite phrase à Churchill dans une lettre adressée à lord Moyne, l’International Churchill Society* commet elle-même une erreur. Elle confond deux citations distinctes du livre (des éditions Delta) : l’une page 334, qui correspond bien à celle qui a été écrite à lord Moyne ; l’autre, probablement apocryphe, page 364, qui correspond à un on-dit.

* « These Fake Quotes Make For Good Storytelling, but Popular Myth Has Falsely Attributed Them to Winston Churchill », « Quotes Falsely Attributed to Winston Churchill », dans International Churchill Society [en ligne].

5. Winston Chuchill, Lettre du 11 septembre 1938 à lord Moyne, Correspondence (01 August 1938 ‑ 30 September 1938) [CHAR 2/331], no 57. Les Churchill Papers constituent une collection exhaustive des écrits de Churchill tout au long de sa vie.

6. Dès mars 1938 et l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie (Anschluss), Churchill alertait sur la nécessité de répondre de façon adéquate à la situation critique :

« The gravity of the events of March 11 cannot be exaggerated. Europe is confronted with a program of aggression, nicely calculated to time, unfolding stage by stage , and there is only one choice open, not only to us, but to other countries unfortunately concerned, and that is either to submit like Austria or to take effective measures while time remains to ward off the danger, or, if it cannot be warded off, to cope with it. »

« La gravité des événements du 11 mars ne saurait être exagérée. L’Europe est aux prises avec un programme d’agression, savamment calculé dans le temps, qui se déroule étape par étape, et il n’y a qu’un seul choix possible, non seulement pour nous, mais aussi pour les autres pays malheureusement concernés, à savoir soit se soumettre comme l’Autriche, soit prendre des mesures efficaces tant qu’il est encore temps pour écarter le danger, ou, s’il ne peut être écarté, y faire face. »

« Mr Churchill », The Manchester Guardian, 15 mars 1938, p. 15 ; notre trad.

7. On notera juste dans cet article, qui ne fait pas référence à Churchill :

« This is no time for criticism of those in whose hands our immediate destiny lies. The Prime Minister and his colleagues have better knowledge than any of us of the factors which must be taken into account in the dreadful choice which it seems they may have to make — the choice between war and shame. »

« Ce n’est pas le moment de critiquer ceux entre les mains desquels repose notre destin immédiat. Le Premier ministre et ses collègues connaissent mieux que personne les facteurs à prendre en compte dans le choix terrible qu’ils semblent devoir faire : celui entre la guerre et le déshonneur. »

« Our Duty Now », Middlesex County Times, 24 septembre 1938, p. 12 ; notre trad.

8. Le lendemain de cette conférence, Chamberlain déclarait sur les ondes de la BBC :

« How horrible, fantastic, and incredible it is that we should be digging trenches and trying on gas masks here because of a quarrel in a far away country between people of whom we know nothing. »

« Comme il est horrible, fantastique et incroyable que nous devions creuser des tranchées et essayer des masques à gaz ici à cause d’une querelle dans un pays lointain, entre des gens dont nous ne savons rien. »

Neville Chamberlain, « Horrible, Fantastic, to Be Digging Trenches and Trying Gas Masks », propos recueillis, Liverpool Echo, 27 septembre 1938, p. 12 ; notre trad.

Puis, sur le seuil du 10, Downing Street, après les accords de Munich, le 30 septembre :

« My very good friends, this is the second time in our history that there has come back from Germany to Downing Street “peace with honour”. I believe it is peace for our time.
» We thank you from the bottom of our hearts. And now I recommend you to go home and sleep quietly in your beds. »

« Mes très chers amis, c’est la deuxième fois dans notre histoire que nous revenons d’Allemagne à Downing Street avec “la paix et l’honneur”. Je crois que c’est la paix pour notre époque.
» Nous vous remercions du fond du cœur. Et maintenant, je vous recommande de rentrer chez vous et de dormir tranquillement dans vos lits.

« Mr Chamberlain’s Plans for Lasting Peace », The Daily Telegraph and Morning Post, 1er octobre 1938, p. 14 ; notre trad.

Sources

  • Capet (Antoine), Churchill : le dictionnaire [ePub], Paris, Perrin (coll. « Tempus »), cop. 2019.
  • Chamberlain (Neville), « Horrible, Fantastic, to Be Digging Trenches and Trying Gas Masks », propos recueillis, Liverpool Echo, 27 septembre 1938, p. 12.
  • Chambre des communes, Parliamentary Debates : Official Report, Londres, His Majesty’s Stationery Office, 1938-1940, 5e série, vol. CCCXXXIX et CCCLX.
  • Churchill (Randolph Spencer) et Gilbert (Martin), Winston S. Churchill : Companion, 13 vol., Londres, Heinemann, cop. 1967-1982.
  • Churchill (Winston), « “Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre” », « Citations », Le Figaroscope [en ligne], s. d. [consulté le 27 janvier 2026].
  • Churchill (Winston), Churchill by Himself : The Definitive Collection of Quotations, éd. Richard M. Langworth, New York (N. Y.), PublicAffairs, cop. 2008.
  • Churchill (Winston), Mémoires de guerre [ePub], éd. François Kersaudy, 2 vol., Paris, Tallandier (coll. « Texto »), cop. 2015.
  • Churchill (Winston), Complete Works [ePub], Hastings, Delphi Classics (coll. « Thirteen »), cop. 2023.
  • Churchill (Winston), Correspondence (01 August 1938 - 30 September 1938) [CHAR 2/231], dans Churchill Archive [en ligne], Bloomsbury Publishing Plc, 2025 [consulté le 1er février 2026].
  • Damgé (Mathilde), « Ces citations que Winston Churchill n’a jamais prononcées », « Les décodeurs », Le Monde [en ligne], 27 janvier 2015, mis à jour le 31 juillet 2019 [consulté le 4 février 2026].
  • Doudet (Sophie), Churchill, [Paris], Gallimard (coll. « Folio », série « Biographies »), Série, DL 2013.
  • Doudet (Sophie), Churchill à la plage : le vieux lion dans un transat [ePub], Malakoff, Dunod (coll. « À la plage »), cop. 2020.
  • Duroselle (Jean-Baptiste), La Décadence : 1932-1939, Paris, Imprimerie nationale (coll. « La Politique étrangère de la France »), 1979.
  • « faux Churchill (Le) », Cyrano, 7 octobre 1938, p. 18.
  • Gagnière (Claude), Le Bouquin des citations : 10 000 citations de A à Z, Paris, Robert Laffont (coll. « Bouquins »), DL 2001.
  • Hansard, dans UK Parliament [en ligne], UK Parliament, cop. 2026.
  • Keslassy (Éric), Citations politiques expliquées, Paris, Eyrolles (coll. « Eyrolles pratique »), DL 2012.
  • Longford (Elizabeth), Winston Churchill : A Pictorial Life Story, Rand McNally and Company, Chicago (Ill.)/New York (N. Y.)/San Francisco (Calif.), cop. 1974.
  • Lorrain (François-Guillaume), « Churchill, Daladier et Blum : ces propos entrés dans l’Histoire ont-ils été prononcés ? », Le Point [en ligne], 1er avril 2024 [consulté le 4 février 2026].
  • Manchester (William), The Last Lion : Winston Spencer Churchill, New York (N. Y.), Delta Trade Paperbacks, impr. 1989, cop. 1988.
  • Manchester (William) et Reid (Paul), The Last Lion : Winston Spencer Churchill, 3 vol., Boston (Mass.)/Toronto (Ont.)/Londres, Little, Brown and Company, cop. 1983-2012.
  • « Mr Chamberlain’s Plans for Lasting Peace : Wide Survey With Fuehrer of World Situation », The Daily Telegraph and Morning Post, 1er octobre 1938, p. 13-14.
  • « Mr Churchill », The Manchester Guardian, 15 mars 1938, p. 15.
  • Nizan (Paul), « “Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre…” », Ce soir, 21 septembre 1938, p. 3.
  • « opinion française et la situation nouvelle (L’) », Journal des débats politiques et littéraires, 18 octobre 1933, p. 1.
  • « Our Duty Now », Middlesex County Times, 24 septembre 1938, p. 12.
  • Paul-Boncour (Joseph), Entre deux guerres : souvenirs sur la IIIe République, 3 vol., Paris, Plon, 1945-1946.
  • « sévère mais juste appréciation de Winston Churchill (Une) », L’Humanité, 20 septembre 1938, p. 3.
  • « These Fake Quotes Make For Good Storytelling, but Popular Myth Has Falsely Attributed Them to Winston Churchill », « Quotes Falsely Attributed to Winston Churchill », dans International Churchill Society [en ligne], International Churchill Society, 2023 [consulté le 4 février 2026].

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