Si je poursuis un putois…

par | Publié le 18.01.2026, mis à jour le 18.01.2026 | Combat

«

Si je poursuis un putois l’épée à la main et qu’il me combatte avec le jus de son derrière, c’est absolument son droit et je n’ai rien à dire.

»

Ces propos, que l’on trouve sur Internet, sont tenus par l’écrivain Caïn Marchenoir dans le roman de Léon Bloy Le Désespéré. Le héros signifie par là que, s’il est un critique féroce, il accepte lui-même les critiques les plus acerbes en retour. Cela correspond mutatis mutandis à ce que Bloy pensait lui-même. Dans les faits, ce dernier ne se montrait pas toujours aussi bien disposé envers les attaques, mais, pis que tout, se désolait d’être ignoré.

On trouve une version un peu différente dans ses œuvres complètes :

Si je poursuis un putois, le glaive de feu à la main, et qu’il me combatte1 avec le jus de son derrière, c’est absolument son droit et je n’ai rien à dire.

Léon Bloy, Le Désespéré, p. 263.

Dans cette version, le glaive de feu remplace l’épée. Quelle est la bonne ? Tandis que l’édition originale mentionne bien l’épée (p. 348), le terme sera remplacé par le glaive de feu dans l’édition intégrale de 1913 (p. 369). Si les deux versions sont justes, c’est donc plutôt la dernière qu’il faut retenir.

Notes

1. Le subjonctif convient parfaitement ici, car, quand que remplace un second si, le verbe qui suit que se met à ce mode.

Sources

  • Bloy (Léon), Le Désespéré, Paris, A. Soirat, 1886.
  • Bloy (Léon), Le Désespéré, éd. intégrale, Paris, Georges Crès et Cie, 1913.
  • Bloy (Léon), Le Désespéré, éd. Joseph Bollery et Jacques Petit, [Paris], Mercure de France, 1964 ; Œuvres, vol. III.

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